Publié le 1 Septembre 2015

« Après l'équateur » de Baptiste Fillon

Difficile de croire qu'il s'agisse d'un premier roman tant l'ensemble de l'ouvrage est maîtrisé. Chapeau bas !

Une plume comme je les aime : VRAIE. De cette réalité mise en poésie, de cette poésie très réaliste, de ces mots qui ne font pas seulement que raconter, mais qui créent toute une atmosphère, qui enveloppent. Vent, sueur, neige, bras amoureux ou enfantins, chaque sensation vient nous faire frissonner, comme chaque réflexion de Tonio nous entraine dans de longues minutes où notre esprit part voyager entre Marseille et Salvador da Bahia.

Décidément, ces derniers temps, la mer a décidé d'investir mes lectures car c'est de nouveau sur le pont d'un bateau que se situe l'essentiel de ce roman. Puis, ce marin qui voit arriver ce qui ressemble à la fin du voyage, doit décider à quel endroit il descendra définitivement à terre. Un choix difficile, un dilemme qui fera de lui un salaud d'un côté ou de l'autre de toute façon.

Finalement, la vie décidera d'elle-même, car qu'on le veuille ou non, c'est elle qui est à la barre !

Je ne peux terminer ce billet sans vous offrir quelques lignes de Baptiste Fillon. Celles-ci constituent le tout début du roman. Difficile de résister !

L’horizon montait, descendait. Ça finissait par faire une musique. Les mêmes intervalles, un battement mou. La proue s’élevait contre le ciel blanc. Une fois arrivée à son plus haut point, un craquement ébranlait la carcasse du bateau, et la proue retombait dans la mer. La coque entrait dans l’eau. Une glissade de quelques secondes où tout tenait en place, le temps que l’Atlantique nous renvoie vers le ciel. Une attente fébrile, toujours trop vite soulagée.

Avec cette lecture, je participe à la 34e session du challenge de Calypso : Un mot, des titres.

Rédigé par Marion Transetti

Publié dans #Lecture

Publié le 30 Août 2015

Telles des gouttes de soleil, tels de minuscules éclats de l'astre, les fleurs s'étaient tournées vers lui. Elles étaient à présent immobiles, comme engourdies, et l'on croyait entendre un soupir en prêtant l'oreille au murmure des montagnes, des forêts et du fleuve.

Galsan Tschinag (citation)
Galsan Tschinag (citation)

Rédigé par Marion Transetti

Publié dans #Citations, #Créas

Publié le 25 Août 2015

Lire Thoreau, le relire aussi, en retirer ce dont on a besoin au moment opportun, le partager et en extraire parfois quelques phrases essentielles comme le fait si bien ici Zen Pencils.

Publié le 20 Août 2015

« Grand-père avait un éléphant » de Vaikom Muhammad Basheer

« Grand-père avait un éléphant » est un petit bijou.

Il fait partie de ces livres dont on se demande en les refermant comment l'auteur est parvenu à mettre autant de choses dans si peu de pages, autant d'émotions, autant de messages essentiels, autant d'évènements, autant d'informations, autant de sentiments forts, autant d'amour et d'humour.

Et tout ceci avec un style et un ton tellement naturels que l'histoire pourrait nous être racontée par un ami ou un parent lors d'une veillée. L'écriture de Vaikom Muhammad Basheer est tellement abordable que je me demande si ses ouvrages ne devraient pas figurer dans les sections jeunesse des bibliothèques. Je les verrais très bien à côté de ceux de Françoise Malaval et Patrice Favaro.

Mais, venons-en au livre en lui-même.

 

Il y a l'Islam tout d'abord et les multiples visages qu'il peut prendre.

 

Celui de la mère aveuglément attachée aux traditions, celles-ci étant synonymes pour elle de sa splendeur passée.

 

Celui du père ouvert à l'évolution, mais n'ayant pas les connaissances ni les moyens de cette transformation.

 

La fille, déchirée entre ses deux parents et une troisième forme d'Islam plus moderne incarnée par ses voisins.

 

L'auteur pose des questions d'une immense pertinence par la bouche de cette jeune fille de 20 ans qui, ayant été élevée totalement à l'abri du monde, pourrait tout aussi bien n'avoir qu'une dizaine d'année. Sa charmante naïveté permet d'aborder avec douceur et tendresse des aspects fondamentaux de la religion.

Qu'est-ce que Mahomet avait donc de particulier que les autres prophètes n'avaient pas ? Mahomet avait dit lui-même : « Je ne suis qu'un homme comme vous. » Donc, il n'avait rien de spécial. Alors pourquoi croyait-on à cette essence antérieure à toute création ? À qui poser la question ? Tant de gens croyaient en la singularité originelle des musulmans. C'était comme ça. On ne s'interrogeait pas. On croyait tout ce qu'on entendait. Pattoumma, Bapa, Oumma, comme les autres.

 

À travers l'histoire de cette jeune femme dont le « Grand-père avait un éléphant », c'est aussi à un superbe voyage en Inde que le lecteur est convié découvrant (à l'aide d'un glossaire placé en fin d'ouvrage) les mets, costumes et coutumes de ce fabuleux pays.

 

Mundu

(source image : Wikipédia)

 

Ghî

(source image : roseandcook.canalblog.com)

Enfin, dernier aspect mais pas des moindres, l'amour fait son apparition dans ce petit monde et Vaikom Muhammad Basheer nous livre une histoire touchante digne d'un conte de fée qui, même si la fin heureuse est décelable dès les premiers chapitres, nous berce tendrement et apaise les souffrances relatées, les incompréhensions notoires, les humiliations liées au regard des autres, les destins brisés.

 

Engagé très jeune dans la lutte pour l'indépendance du Kerala, plusieurs fois emprisonné, c'est dans ses propres expériences que l'auteur puise pour nous livrer cette magistrale leçon de vie dont la lecture est un baume.

Rédigé par Marion Transetti

Publié dans #Lecture

Publié le 17 Août 2015

« La drôle de vie de Zelda Zonk » de Laurence Peyrin

J'ai pour habitude de lire chaque été une romance, un « livre de filles ». Sur le bord de la piscine, les histoires « à la Meg Ryan » sont un petit délice que je m'offre chaque année à cette période de l'année.

En 2015, c'est Laurence Peyrin et « La drôle de vie de Zelda Zonk » qui m'ont comblée pour ce titre estival. Rien ne manque ! Oui, on sait un peu dès le début comment tout cela va se terminer, mais on embarque tout de même, car c'est si doux de se laisser ainsi porter. Zéro risque, tout est calculé et arrive exactement au bon moment. La recette fonctionne d'autant plus que l'auteure n'hésite pas à faire sourire ses personnages des clichés qu'ils représentent : le baiser devant la Tour Eiffel au petit matin ! Oui, c'est « too much », mais personnellement, je n'ai jamais regretté d'avoir eu moi aussi un jour mon baiser devant la Tour Eiffel au petit matin... Alors... Une fois par an, j'ai rendez-vous avec les belles histoires « comme au cinéma ».

 

Parlant de cinéma, revenons quelques instants à Marilyn Monroe que je pensais être au coeur de ce livre. Mais, malgré la couverture très explicite et le résumé proposé par l'éditeur, il n'en est rien.

Foutu mardi, foutue pluie… Sur cette route d’Irlande qu’Hanna a prise tant de fois pour aller à son atelier, c’est l’accident. À l’hôpital, la jeune femme se lie avec Zelda, sa voisine de chambre de 85 ans, positive et joyeuse, experte en broderie. Mais Hanna sent un mystère chez la vieille dame, qui esquive toute question précise sur son passé. Que peut-elle avoir à cacher, à son âge ? Bientôt, Hanna découvre que Zelda Zonk était le nom d’emprunt de Marilyn Monroe quand elle voulait passer inaperçue. Hanna sait bien que c’est absurde, Marilyn est morte il y a presque cinquante ans, et pourtant…

Tout en menant l’enquête, Hanna commence à réfléchir au sens de sa propre vie. Est-elle vraiment épanouie dans ce hameau perdu, dans ce mariage routinier ? Si vraiment Zelda est Marylin, si elle a réussi à passer de la lumière à l’anonymat, pourquoi elle-même ne pourrait-elle pas changer de vie ?

Éditions Kero

Certes, la double personnalité de Norma Jeane Mortenson est évoquée et sert vaguement de fil conducteur, mais que l'on ne s'attende pas ici à une scénarisation poussée de cet aspect-là. J'avoue avoir été un peu frustrée par cela au début de ma lecture, car j'attendais qu'il en soit question, ce qui n'a jamais vraiment été le cas.

 

Mais, ce léger malentendu a vite laissé place aux émotions de mon petit coeur de grande romantique. Un livre qui peut donc, sans complexe, aller rejoindre ceux de Rainbow Rowell juste à côté du DVD de « Nuits blanches à Seattle » ! :)

 

Un beau merci donc aux Editions Kero pour la publication de ce livre et son envoi à mon intention afin que je puisse en profiter et vous en parler ici.

 

Cette lecture était commune avec Maurine. Allons sans plus tarder lire son avis !

Rédigé par Marion Transetti

Publié dans #Lecture

Publié le 9 Août 2015

Félix Leclerc (citation)

.

C'est dimanche. Les prairies se renvoient les oiseaux qui cachent dans leurs ailes des échos de cloches.

Sanctus

Rédigé par Marion Transetti

Publié dans #Citations

Publié le 4 Août 2015

« Le rang du cosmonaute » de Olga Duhamel-Noyer et « Terrienne » de Jean-Claude Mourlevat

Pourquoi parler de ces deux romans dans un même billet ? Parce-qu'ils abordent chacun, de manière très différente, un thème qui ne m'est pas du tout familier : l'ailleurs.

Je suis une personne très terre-à-terre au sens propre de ce terme et l'existence de mondes parallèles ou de vies sur d'autres planètes est un sujet auquel je m'intéresse peu généralement. C'est donc un peu par hasard que ces deux livres sont arrivés dans mes mains de lectrice et ce, coup sur coup.

Dans les deux cas, j'ai aimé mes lectures. Au moment de vous en parler, je me demande toutefois si l'ailleurs était bel et bien au coeur de ces romans ou si cela n'était finalement que prétexte à évoquer de multiples autres choses de la vie, tout simplement.

Avant d'aller plus avant, voici les phrases qui ornent, la première la lame du couteau de Youri et la seconde les cahiers d'une adolescente évoquée dans le livre de Mourlevat. Oui, tout de même, il est bien question d'ailleurs ! :)

La Terre est le berceau de l'humanité, mais on ne passe pas sa vie entière dans un berceau.

Le rang du cosmonaute

Ceux pour qui le monde n'est pas assez.

Terrienne

« Le rang du cosmonaute » parle d'ailleurs de manière un peu scientifique et à la fois poétique et pose aussi la question de savoir pourquoi dans les années 60-70, l'humanité avait tant besoin de croire en d'autres mondes ? Ces derniers tantôt considérés comme menace, d'autres fois comme immense source d'espoir. De nos jours, finis les petits hommes verts... est-ce parce-que nous sommes ou pensons être invulnérables ou parce-que nous avons perdu tout espoir ? J'aime ces livres qui laissent ainsi flotter des questions sans véritables réponses, mais qui permettent de considérer la société différemment.

 

 

Concernant « Terrienne », précisons qu'il s'agit d'un roman jeunesse. Ce critère est parfois sans importance, mais me semble ici primordial pour apprécier ce livre. En effet, l'écriture simple et linéaire pourrait peut-être parfois sembler manquer un peu d'épaisseur si l'on ne se souvenait pas qu'il est important de garder captivé le jeune lecteur. Ce dernier reçoit ici simultanément et de manière très efficace un contenu chargé de références culturelles majeures.

 

Sont ainsi subtilement évoqués:

*Pinocchio et le statut de pantin que chacun peut endosser dans un monde ou dans un autre; *Barbe-Bleue et toute la question des enlèvements par des prédateurs sexuels;

*les camps de concentration avec cette ville fictive d'Estrellas où chaque étoile jaune dans le ciel représente l'âme d'une personne incinérée dans ces entrepôts aux grandes cheminées;

*l'écrivain qui navigue entre le réel et le fictif;

*la présence de personnes « différentes » dans toute communauté;

*le bonheur simple des petites choses, le goût d'un pain au chocolat, l'odeur de la rosée le matin.

 

La fille « enracinée » que je suis a donc beaucoup aimé ces deux voyages au-delà des frontières terrestres que je vous invite à effectuer vous aussi et, si cela vous est possible, comme je les ai faits, soit l'un juste après l'autre. Bonnes lectures. 

Rédigé par Marion Transetti

Publié dans #Lecture

Publié le 30 Juillet 2015

« La douleur » de Marguerite Duras

Je comble peu à peu les lacunes abyssales qui jalonnent ma vie de lectrice.

Enfin, j'ai lu Marguerite Duras.

Certes, j'ai vu au cinéma « L'amant » et « Hiroshima, mon amour », mais aussi réussis qu'aient été ces films, le contact avec les mots de Duras n'avait pas été aussi intense qu'avec ce recueil de récits autour de la douleur.

Lire « La douleur », c'est à la fois rencontrer le talent d'écrivain de Marguerite Duras, mais également la personne qu'elle a été, les épreuves qui l'ont forgée. Les récits se situent en effet tous à l'issue de la guerre et Duras, sous différents pseudonymes, y est à chaque fois présente.

Juifs, résistants, miliciens, déportés, collabos, enfants, couples, que deviennent-ils dans ces moments où tout s'arrête, où tout recommence ?

 

La fin des combats ne signifie nullement la fin de la douleur sous diverses formes comme Duras nous le livre de son style sobre bien que ciselé, fracassant sans pourtant être agressif. Le ton est juste, quel que soit le propos. Juste, c'est tout. Dépouillé dans sa forme, chargé de sens au creux des mots.

 

Seul le hasard est responsable de m'avoir permis de rencontrer cette grande dame de la littérature française à travers ce livre en particulier et il a très bien fait. La prochaine fois que je lirai Duras, il s'agira bel et bien de retrouvailles avec celle qu'il me semble déjà si bien connaître après qu''ici, elle ait offert avec une générosité immense ses plus intimes blessures.

 

Depuis, d'autres nombreuses guerres ont éclaté partout sur la planète, d'autres douleurs vives de toutes sortes sont vécues quotidiennement par des populations sur tous les continents : écrire sur la guerre n'empêchera pas la guerre, mais lire sur la guerre peut-il aider à surmonter la douleur ?

 

Rédigé par Marion Transetti

Publié dans #Lecture

Publié le 28 Juillet 2015

« Le port » de Jean-Yves Loude et Némo

Il y a 16 ans, le 28 juillet 1999, mouraient Yaguine et Fodé.

Qui s'en souvient ? Pas moi. Vous ? Non plus. Ah si ? Vous êtes alors une personne exceptionnelle.

Car, nous sommes nombreux à les avoir oubliés et à cliquer sur leurs deux noms ci-dessus pour découvrir sur une page Wikipédia leur histoire relatée de manière succincte. Cela peut être suffisant si l'on souhaite de nouveau les oublier et ne pas entendre le message qu'ils ont tenté de crier au monde. Ou bien, l'on peut lire « Le port » de Jean-Yves Loude pour ne plus jamais laisser tomber dans l'oubli le voyage de ces deux enfants guinéens abreuvés de rêves bleus.

« Le port » de Jean-Yves Loude et Némo

Dans le livre de Loude & Némo, les rêves sont littéralement bleus et insérés entre les pages de l'histoire telles les images des boîtes de lait collectionnées par le jeune Djibril.

Rêve de reconnaissance.

Rêve de culture.

Rêve de savoir.

Rêve de richesse.

Rêve d'insouciance.

Rêve d'accomplissement.

Ces petites images bleues entre les pages peuvent sembler tendres au premier regard, mais ne font qu'amplifier les mots forts de l'auteur qui dénonce les attitudes grotesques et les comportements odieux de ceux du Port, ceux du Nord.

Nous, les enfants noirs, c'est ce qu'on préfère regarder : la publicité. Elle passe avant les reportages sur la guerre et après les témoignages sur la guerre. Elle nous apprend comment vivent les autres peuples, combien ils sont heureux.

Ici, la littérature est engagement, le livre arme de dérangement massif.

Rédigé par Marion Transetti

Publié dans #Lecture

Publié le 18 Juillet 2015

« L'iguane » de Denis Thériault

C'est Venise du Passe-Mot qui a eu la merveilleuse idée de placer ce livre dans mes mains. MERCI VENISE ! Quelle belle rencontre avec cet auteur unique en son genre ! Quel livre remarquable !

Je ne suis généralement pas du style à employer tant de superlatifs, mais là, ce sont les mots qui conviennent pour parler de ce roman hors du commun et terriblement touchant.

Commençons par la début, soit la couverture du livre : L'Acqua de Guiseppe Arcimboldo. Le travail de cet artiste du 16e siècle m'a toujours fascinée et il est ici la parfaite illustration du contenu de ce livre : un être constitué par la mer que l'on peine à définir pleinement en tant qu'être humain et qui porte en lui à la fois mystère, onirisme et poésie. Cet être entre terre et mer, c'est le héros de notre histoire, c'est Luc, enfant au passé trouble et au présent difficile qui parvient contre toute attente au fil de l'histoire à s'intégrer pleinement dans une nouvelle famille au sein de laquelle il fait des miracles (au sens propre du terme), celle de celui qui n'est au début que son voisin de pupitre a l'école et qui deviendra peu à peu son frère.

 

De la mer, il est question d'un bout à l'autre du livre de Denis Thériault  dont elle constitue un personnage à part entière. C'est elle qui pose le décor, c'est elle qui assure l'ambiance sonore, c'est auprès d'elle que l'on se retrouve, que l'on se cache, c'est elle qui permet de fuir aussi. La mer fait rêver et possède un langage unique. Beaucoup la contemplent, pensent la connaître, peu cependant parviennent à en saisir pleinement l'âme.

 

Denis/Luc, par le biais d'un onirisme envoutant, nous invite à ce dialogue profond avec celle qui le berce chaque jour, celle qui lui manque dès qu'il s'en éloigne.

 

Les multiples personnages (la mère, les grands-parents et l'oncle de son ami/frère ainsi que le père Loiselle, entre autres) qui permettent à l'auteur de nous raconter l'histoire de Luc sont décrits avec une précision rare sans cependant que l'on puisse déplorer un surplus de mots. Tout ici est exactement là où il doit être, chaque phrase, chaque jeu de mots.

 

 

Ce faisant et sans jamais ouvrir de facheuses parenthèses qui viendraient briser le rythme de son ériture aussi hypnotique que le va et vient des vagues océanes, le conteur visite les thèmes graves de la violence conjugale, de la maltraitance des enfants, du deuil ou encore de l'intimidation. 

 

Je vais arrêter ici les éloges au risque sinon que vous pensiez que je vais trop loin. Pourtant, ce livre mérite sincèrement un tel déploiement d'admiration, car il est d'une qualité rare. Et il ne s'agit que du premier roman de Denis Thériault !!! Est-il humainement possible de faire mieux ? Je ne crois pas, mais Denis Thériault n'est plus, je pense, tout à fait un être humain... Je le soupçonne en effet de séjourner régulièrement à Ftan. ;-)

Rédigé par Marion Transetti

Publié dans #♥

Publié le 15 Juillet 2015

« Nous étions le sel de la mer » de Roxanne Bouchard

J'ai choisi de lire ce livre car son titre comporte le mot « nous » et me permet de participer ce mois-ci au challenge organisé par Aperto Libro : Un mot, des titres.

Il s'agit d'une histoire de marins doublée d'une enquête policière en Gaspésie. Mon avis est un peu mitigé après cette lecture que j'ai envie de placer entre « Noeuds et dénouement » de E. Annie Proulx et « Vents salés » de Joanne Rochette.

J'ai eu beaucoup de plaisir à m'immiscer dans le monde des marins de Caplan, de leurs défis, de leurs amours, de leurs espoirs, de leurs combats. J'ai également aimé découvrir la Gaspésie sous la plume de Roxanne Bouchard (et j'ai encore plus qu'avant envie d'aller m'y promener !).

Cependant, j'ai trouvé par moment que certains personnages étaient trop caricaturaux : l'Amérindien géant et silencieux, le vieux marin malade et toujours fidèle, le tenancier du bar bavard, etc...

Certaines « envolées lyriques » aussi m'ont semblé à la limite de l'acceptable (le bleu marin de ses yeux dans l'azur des miens ou des choses de ce style m'ont un peu sortie de ma lecture par moments).


Toutefois, l'enquête est bien ficelée et les tics de langage des personnages m'ont souvent fait sourire et même rire. Les changements de tons entre les moments plus sombres et les instants heureux sont aussi bien menés je trouve.

« Nous étions le sel de la mer » de Roxanne Bouchard

Au final, je crois que je ne me souviendrai peut-être pas toute ma vie de l'histoire de Catherine et des gens de Caplan, mais le livre de Roxanne Bouchard restera gravé dans mon esprit comme une ode sincère et passionnée à la Gaspésie.

Avant, je disais : « Un jour j'irai en Gaspésie». Après la lecture de « Nous étions le sel de la mer », je dis plutôt « On part quand pour la Gaspésie ? Cet été ? » :)

P.S.

Un propriétaire de chalet en Gaspésie parmi les lecteurs de ce billet peut-être ??? (on ne sait jamais!)

Rédigé par Marion Transetti

Publié dans #Lecture

Publié le 7 Juillet 2015

« Un coeur simple » de Gustave Flaubert

Pssst, (re)lisez Gustave Flaubert, c'est un bonheur de style et d'évasion dans le temps.

J'ai choisi de lire ce conte, car Daniel Guénette le mentionne dans « L'école des chiens », et j'avais envie d'en savoir un peu plus sur la relation qui unit Félicité et le perroquet Loulou.

Mais, au final, c'est vraiment pour moi la richesse de la langue française qui ressort de cette lecture. Peut-être me trouverez-vous un peu étrange, mais lire des mots tels que « virole » ou « vestibule » ont été pour moi des moments remplis d'émotion nostalgique.

J'avais mis de côté il y a quelques temps un article sur une auteure qui s'est justement donné pour défi d'écrire un livre avec tous les mots moins usités de nos jours et/ou sortis du dictionnaire. Le temps me semble venu de m'y plonger ! Si le coeur vous en dit, j'ajoute ci-dessous le lien vers un article qui parle dudit livre.

Rédigé par Marion Transetti

Publié dans #Lecture

Publié le 4 Juillet 2015

François-René de Chateaubriand (citation)

.

Les arbres que j'ai plantés prospèrent, ils sont encore si petits que je leur donne de l'ombre quand je me place entre eux et le soleil. Un jour, en me rendant cette ombre, ils protègeront mes vieux ans comme j'ai protégé leur jeunesse. »

Mémoires d'outre-tombe

Rédigé par Marion Transetti

Publié dans #Citations

Publié le 2 Juillet 2015

«Rien ne s’oppose à la nuit» de Delphine De Vigan

J’ai aimé l’écriture de Delphine de Vigan sans toutefois lui trouver un caractère particulier. C’est une écriture fluide, agréable, mais sans plus. Aucune vibration particulière, mais également aucune entrave à la lecture. En résumé, j’ai trouvé cette écriture efficace.

Par contre, quelque chose m’a profondément agacée : les états d’âme de mademoiselle De Vigan. Je me contrefiche de savoir que sa cave est trop étroite pour contenir les boites de cassettes enregistrées par son grand-père ou que son mari se fasse du souci pour elle ou encore qu’elle mange avec sa sœur. Ce roman (que j’ai beaucoup aimé) aurait je crois, gagné à voir disparaitre le chapitre de remplissage qui se trouve tous les deux ou trois chapitres. Il aurait, j’en suis certaine, gagné en intensité. Ces chapitres supposément d’aération sont pour moi des chapitres de diversion. Grrrrrrr!

J’en viens enfin au contenu du roman.

Ma lecture a été douloureuse, j’en ai bavé. J’ai pleuré. L’histoire de Lucile et de la famille Poirier a ravivé en mois de nombreuses blessures. Bipolarité, agression sexuelle, suicide ont fait partie de ma vie et l’identification était au détour de nombreuses pages de ce roman. Et l’impuissance, toujours l’impuissance, cette impuissance de tous et chacun, ce sentiment que les choses nous échappent, que l’on est comme les passagers d’un train lancé à toute vitesse.

«Rien ne s’oppose à la nuit» de Delphine De Vigan

.

Si certain(e)s d’entre vous n’ont pas connu de tels événements, comment un tel texte peut-il alors résonner? J’ai pu, pour ma part, effectuer des liens avec des moments vécus, mais pour celui ou celle qui n’a pas vécu de telles choses, comment se situe-t-il? Est-il comme un voyeur? Un spectateur? Éprouve-t-il de la compassion?

Même en les ayant vécus, ces événements semblent hors du temps, inaccessibles, l’on se demande toujours si cela est bien arrivé tellement c’est hors norme. Alors, pour quelqu’un qui ne s’est jamais trouvé dans de telles situations, est-ce acceptable? La lecture est-elle tout de même enrichissante? Est-elle douloureuse?

Je me questionne.

Et je me pose d’ailleurs cette autre question. Quelle est l’utilité d’un tel récit? Pour ceux qui ne connaissent pas ces douleurs, pourquoi vouloir s’en approcher et pour ceux qui les ont vécues et les ont apprivoisées, pourquoi vouloir les raviver?

 

 

Je crois que j’ai aimé ce livre, mais… j’ai également apprécié le refermer.

Rédigé par Marion Transetti

Publié dans #Lecture

Publié le 1 Juillet 2015

« Polaire » de Marc Pautrel

Ce livre de Marc Pautrel s'intéresse à la bipolarité. Je l'ai lu l'an passé à la même époque.

Sa manière très personnelle d'évoquer ces « états » m'avait séduite.

Ce livre est un petit bijou, un trésor de sensibilité. Je ne choisis pas innocemment ce dernier mot, car il semble bien que ce soit de cela dont il s'agit : de sensibilité, d'hypersensibilité. L'on parle ici d'un rapport différent à la « normalité ».

La frontière est parfois mince entre les deux mondes. Et lors des phases « entre deux crises », les personnes « bipolaires » deviennent souvent simplement... polaires.

... par référence au nom que les psychiatres donnent aux patients comme elle, bipolaires, je rectifie aussitôt : elle est polaire. Oui, elle est perchée sur une des deux extrémités du monde.

Page 82

Cette phrase ci-dessus, c'est LUI qui la dit à propos d'ELLE. Car « Polaire » c'est aussi une merveilleuse histoire d'amour.

Ma propre bipolarité a été formellement diagnostiquée dernièrement. Rien n'a changé, je n'ai pas changé. Et pourtant... Le savoir, le dire, l'écrire, c'est une nouvelle vie qui commence ! 

Rédigé par Marion Transetti

Publié dans #Lecture

Publié le 23 Juin 2015

Dernier jour d'école, début des vacances !

Des mots de Prévert me viennent à l'esprit. Pourquoi ? Je ne sais pas !

C'est aussi ça les vacances, une saison sans parce-que...

Il dit non avec la tête
mais il dit oui avec le coeur
il dit oui à ce qu'il aime
il dit non au professeur
il est debout
on le questionne
et tous les problèmes sont posés
soudain le fou rire le prend
et il efface tout
les chiffres et les mots
les dates et les noms
les phrases et les pièges
et malgré les menaces du maître
sous les huées des enfants prodiges
avec des craies de toutes les couleurs
sur le tableau noir du malheur
il dessine le visage du bonheur.

« Le cancre » de Jacques Prévert

Pernet

Pernet

Rédigé par Marion Transetti

Publié dans #Poésie

Publié le 16 Juin 2015

« La vérité sur l'affaire Harry Quebert » de Joël Dicker

J'ai lu ce livre en même temps que Maurine et ce n'est pas un hasard si nous avons décidé de publier nos billets aujourd'hui, le 16 juin, car... joyeux anniversaire Monsieur Dicker !!! :)

Parlant de hasard, il se trouve aussi que nous avons choisi de lire ce livre ensemble alors qu'avait lieu une grande discussion sur le blogue de Maurine à propos de Monica Lewinsky; nous y parlions du fait de tomber amoureuse lorsque l'on est jeune d'un homme plus âgé et également d'avoir une relation avec un personnage en vue, nous évoquions la médiatisation et l'utilisation qui peut en être faite, nous constations le goût des gens pour le scandale, etc...

 

Puis, ce « page-turner » est arrivé entre mes mains et je l'ai dévoré.

 

Au fil de la résolution de l'enquête et de l'écriture du livre qui la relate, les travers de la société sont passés au crible. Tout ceci est très intéressant et diablement bien écrit. Trop bien peut-être, car la sensation qui m'habite à la suite de cette lecture est étrange. J'ai l'impression de m'être « fait avoir » si l'on peut dire. La recette pour faire un livre « qui marche » est décortiquée sous nos yeux pendant que naïvement, nous sommes victimes de ce même processus. L'auteur dénonce les « images » créées de toutes pièces pour forger des personnalités alors que nous-même nageons en pleine fiction, fiction que l'on nous propose de prendre pour la réalité. Par exemple, les remerciements du livre que nous avons en main s'adressent aux personnes fictives de l'histoire. :)

 

Bref, c'est assurément très bien fait, tellement que cela en est dérangeant. Oui, j'ai tourné les pages à toute vitesse, l'auteur m'a emmenée exactement là où il voulait, car je voulais « savoir ». Mince ! Je ne suis pas fière et je dois même avouer que ça me fait un peu peur.

Rédigé par Marion Transetti

Publié dans #Lecture

Publié le 9 Juin 2015

Le mardi sur son 31

Pour ma deuxième participation à ce rendez-vous, j'ai extrait une citation de la page 31 de ma lecture du moment, le livre de Roxanne Bouchard : « Nous étions le sel de la mer ».

Je me sens un peu bizarre depuis que je suis arrivée. Je suis pas sûre d'aimer ça. Quand je reste longtemps devant la mer, je me sens mal. Comme si quelque chose voulait me sortir du coeur, mais je sais pas quoi.

Rédigé par Marion Transetti

Publié dans #Citations

Publié le 6 Juin 2015

Une illustration de Louis-Philippe Pouliot
Une illustration de Louis-Philippe Pouliot

Au risque de faire un très mauvais jeu de mots : Maudit que la vie peut être chienne !

En refermant ce livre, j'ai le bourdon, le même exactement que lorsque j'ai tourné la dernière page de « Je voudrais qu'on m'efface ».

Pourquoi la vie s'acharne-t-elle ainsi sur certaines personnes ?

Sophie Bienvenu, en plus de nous offrir un roman dont on se souvient longtemps, donne également à lire une version de ce dormeur dont je vous parlais il y a quelques temps chargée d'un sens nouveau. Cette relecture émouvante rappelle à quel point la poésie est partout dans la vie... parfois même là où l'on s'y attend le moins.

« Chercher Sam » de Sophie Bienvenu
« Chercher Sam » de Sophie Bienvenu
« Chercher Sam » de Sophie Bienvenu

Topinambulle et Gabriel ont également lu ce livre et vous en parlent ici et ici.

Rédigé par Marion Transetti

Publié dans #Lecture

Publié le 4 Juin 2015

 

 

J'ai lu ce livre dans le cadre d'une lecture commune au Café La Jasette.

 

Je l'ai trouvé extrêmement dur de multiples points de vue.

 

Dur, car j'ai peiné à parvenir au bout du livre. Je crois que j'avais grandement hâte de terminer cette lecture d'où se dégageait quelque chose de malsain, une atmosphère de fin du monde, j'avais parfois presque la nausée.

 

Dure aussi semble être la culture de Terre-Neuve où les sentiments sont bien présents, mais comme enfouis derrière des couches de pourriture et de difficultés : la pêche, le chômage...

 

Dur d'entrer dans un univers qui m'est totalement étranger, celui des marins, des noeuds, des chaloupes et de la navigation.

 

Dur également le milieu journalistique où l'on se réjouit des mauvaises nouvelles qui permettent une bonne première page et où les violences sexuelles, entre autres, finissent par être banalisées tant elles ont nombreuses. Elles deviennent presque « agaçantes » pour les rédacteurs.

 

Dur aussi l'écriture de E. Annie Proulx parfois presque télégraphique, parfois grandement explicite lors de la description de certaines laideurs et laissant soudain aussi émerger quelques paragraphes d'une beauté grandiose, mais éphémère.

 

Dur enfin la description d'hommes et de femmes qui peinent à trouver le bonheur n'ayant pas eu l'occasion, au cours de leur vie, de savoir à quoi il ressemble.

 

Bien heureuse d'en avoir terminé avec ce livre, ce fut éprouvant.

« Noeuds et dénouement » de E. Annie Proulx

Rédigé par Marion Transetti

Publié dans #Lecture

Publié le 2 Juin 2015

Le mardi sur son 31

Pour une prochaine édition de l'activité « Des mots dans la ville », mais aussi et surtout simplement pour mon plaisir, j'ai décidé de prendre part de temps en temps au rendez-vous proposé par Sophie : Le mardi sur son 31.

Pour cette première participation, c'est dans « Terrienne » de Jean-Claude Mourlevat que j'ai été chercher ces quelques mots :

... nous sommes retournés au gîte du Pilat. Il était fermé, vide, propre et désert, comme s'il n'y avait pas eu de fête la veille en cet endroit. Il ne restait que les traces des pneus sur le gravier du parking...

Rédigé par Marion Transetti

Publié dans #Citations