«L'enfant qui tissait des tapis » de Sylvie Nicolas et Marion Arbona

Publié le 19 Janvier 2014

«L'enfant qui tissait des tapis » de Sylvie Nicolas et Marion Arbona

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C'est Gabrielle du blogue « La vie tranquille » dont j'ai récemment fait le portrait qui m'a appris l'existence de ce livre. Curieuse (oui, encore et toujours!), je l'ai lu.

J'y ai découvert un merveilleux récit, d'une grande beauté bien qu'un peu triste. Il s'agit effectivement d'un hommage à Iqbal Masih.

Iqbal Masih est né au Pakistan. Il avait six ans lorsque ses parents l'ont vendu à des marchands d'une grande fabrique de tapis. Quatre ans plus tard, il était libéré d'un lieu et d'un travail qui le gardaient prisonnier.
Il a été le premier à dénoncer le sort des enfants vendus comme esclaves aux marchands. Le premier à briser un trop long silence. Le 16 avril 1995, parce qu'il avait brisé ce silence, alors qu'il se promenait à bicyclette avec un ami, Iqbal fut assassiné. Il était âgé de treize ans.

Éditions Trampoline

Des mots justes et poétiques ont ici été trouvés pour narrer l'histoire de celui qui est devenu un symbole de la défense des droits des enfants. Il est également, dans ce livre, fait appel à l'onirisme pour permettre de s'approcher avec délicatesse de l'idée de la mort.

Il fut un temps où les tapis racontaient l'histoire d'un peuple, d'une tribu, d'un pays, d'une famille. Au centre, il y avait des mots, des poèmes, des pensées et des chants.
Même si tu ne vois plus les choses, leur beauté continue d'exister.

«L'enfant qui tissait des tapis » de Sylvie Nicolas et Marion Arbona

Ce sont les rêves des enfants qui soulèvent les flots des océans. Ce sont les murmures des enfants qui font chanter les rivières et les ruisseaux. Ce sont les coeurs des enfants qui font frémir les feuilles de arbres et se lever les vents.

Quelques jours après avoir lu ce livre et en vous en parlant aujourd'hui, je me questionne : nos enfants aimés, protégés et respectés, comment perçoivent-ils un tel récit ?

En tant que parents, nous mettons tout en oeuvre pour « protéger » nos enfants. Faut-il dès lors les confronter à une réalité grave et tragique en leur proposant un récit comme celui-ci ?

Je crois que la réponse est oui : se confronter à la réalité est un apprentissage, avoir conscience de nos privilèges également.

Toutefois, on peut lire au dos du livre « dès 6 ans »... Il me semble que 12 ans serait peut-être plus approprié.

Iqbal Masih

Iqbal Masih