«L'étranger» d'Albert Camus

Publié le 24 Septembre 2013

«L'étranger» d'Albert Camus

Non, je n'avais jamais lu aucun livre d'Albert Camus. Voici donc une grande lacune de comblée. J'en suis d'autant plus satisfaite que cette lecture intervient quelques semaines seulement après celle de «La puissance des mouches» de Lydie Salvayre qui elle aussi met en scène un meurtrier emprisonné et retrace le cheminement de celui-ci jusqu'au passage à l'acte et à la condamnation.

Je rapproche ici ces deux romans pour mieux pouvoir les opposer.

Effectivement, à la logorrhée « extra lucide » du protagoniste de Lydie Salvayre sans cesse en train d'analyser et de critiquer la société dans laquelle il évolue, le Meursault de Camus parle peu et semble ne pas considérer ce qui l'entoure.

Son attitude est absurde, semble absurde. Mais l'est-elle tant que ça ? En refermant ce livre, les questions se bousculent dont celles-ci : que signifient les larmes versées lors d'un enterrement ? Pourquoi cherchons-nous à les camoufler le plus souvent ? Observer le deuil est-il une convention, un véritable besoin ou l'expression d'un respect particulier envers le mort ?

Les réponses ne viennent pas facilement.

La justice elle par contre dans le roman de Camus trouve facilement une conclusion : Meursault est un monstre. Camus disait lui-même lors qu'il était interrogé sur son roman :

Dans notre société tout homme qui ne pleure pas à l’enterrement de sa mère risque d’être condamné à mort.

Albert Camus

Il y a là matière à réflexion...

Tout au long de ma lecture, je pensais à un autre personnage qui fait lui aussi face à la justice qui finalement le condamne de manière totalement absurde. Il s'agit du personnage si magistralement interprété par Bjork dans «Dancer in the dark» de Lars Von Trier.

Je vous invite à voir (ou revoir) ce film, ainsi qu'à lire (ou relire) « l'étranger » de Camus ainsi que « La puissance des mouches » de Lydie Salvayre afin de ne jamais cesser de nous questionner sur la place de l'absurde dans notre société.

Est-il toujours du côté des meurtriers ?

La peine de mort est également absurde. Ceci n'est pas une interrogation.

Björk dans «Dancer in the dark»

Björk dans «Dancer in the dark»