« Neige » d'Orhan Pamuk (1)

Publié le 1 Janvier 2015

Quel livre ! Je viens d'en tourner la dernière page et je suis enchantée d'avoir lu ce livre jusqu'au bout. J'ai pourtant été tentée d'abandonner ma lecture dans les premiers temps, car celle-ci me menait dans des réflexions que je trouvais trop intenses, pour lesquelles je pensais ne pas avoir le « background » nécessaire. Finalement, je sors de cette lecture grandie et avec le sentiment de pouvoir mieux comprendre le monde dans lequel je vis. Ce n'est pas rien !

 

Ce roman philosophique se déroule en Turquie dans le village de Kars. Première chose à noter : en turc, « neige » se dit « kar ». Cela peut sembler n'être qu'un détail ou un simple clin d'oeil, mais c'est en fait significatif de la manière dont l'ensemble du livre est construit : selon une ligne situé exactement à mi-chemin entre logique et poétique.

 

L'ensemble du récit se construit ainsi autour du postulat suivant : nous sommes tous identiques en même temps qu'uniques et complexes tels des flocons de neige.

 

Ce que l'auteur nous propose est donc le portrait du poète Ka (re)venu à Kars. La ville est coupée du monde en raison d'une tempête de neige. Un putsch militaire a lieu. Ka est amoureux.

 

Voici le flocon de Ka dont chaque « point » est le titre de l'un de ses poèmes écrits à Kars :

« Neige » d'Orhan Pamuk (1)

Bien sûr, tout ceci n'a pas pour but unique de nous décrire la Turquie « vue par un turc ». Le propos est bien plus vaste et touche à l'universel. L'on parle ici de religion, de poésie, d'exactitude et de vérité.

 

Ce que Ka trouve à Kars est l'inspiration, ses poèmes lui sont « donnés », il n'éprouve pas de difficulté à les écrire, il est, pourrait-on dire, dans un état de grâce. De ce constat découle une analyse extrêmement précise et lucide sur le parallèle existant entre religion et poésie.

 

Ce faisant, l'auteur aborde la délicate question de l'islam via, dans le livre, le suicide de jeunes femmes qui souhaitent garder le voile et se sentent oppressées par l'État, leurs familles, les institutions (ici, les écoles) leur demandant de se dévoiler.

« Neige » d'Orhan Pamuk (1)

J'achève simplement ici la présentation du livre et il me reste tant de choses à en dire ! J'ajoute donc un petit (1) dans le titre de ce billet et je reviendrai vous parler plus en détail de cette lecture qui m'a littéralement ouvert de nouveaux horizons.