« La couleur des ombres » de Colm Toibin (1)

Publié le 14 Octobre 2014

Un petit (1) est apparu dans le titre de ce billet, car le livre de Colm Toibin est un recueil de nouvelles et j'ai décidé de donner à chacune d'elle une place entière et non une simple évocation dans un article pus général.

 

Je viendrai donc vous parler ici de mes impressions après avoir terminé la lecture de chacune des nouvelles.

 

 

La première a pour titre « Un moins un » et parle de la relation que l'on entretient avec notre mère. Un homme vit loin de son pays natal et de sa mère. Il est appelé à son chevet car elle se meurt. Ses frères et soeurs sont là également. Quelles sont ses impressions ? Quel éclairage ces événements apportent-ils sur sa vie ?

 

Il est certain que ce thème me touche particulièrement. Je suis une « expat », je suis mère et, par ailleurs, j'ai une relation complexe avec ma propre mère. Je vous épargne ici le récit de « mes petits bobos », mais la lecture de ce texte m'a rassurée. Il évoque une relation mère-enfant telle que celle que je connais : distancée. Ce terme doit bien sûr être considéré ici dans ses multiples sens.

 

Plusieurs aspects composent une relation filiale : le respect, l'amour, la tendresse, l'attention. Lorsque certains de ces éléments sont manquants, la relation s'en trouve un peu ébréchée. Lorsque tout cela est absent, c'est l'enfer. Lorsque tout est là, c'est précieux.

« La couleur des ombres » de Colm Toibin (1)

Le personnage de Colm Toibin se trouve au sein d'une relation ébréchée. Moi aussi. C'est sans doute pour cela que ce texte m'a touchée.

L'auteur évoque divers sentiments presque indéfinissables. Il ne s'agit pas de regrets, il ne s'agit pas de remords, il ne s'agit pas de rancune. Simplement, on ne regarde plus vers l'arrière, on porte le regard droit devant pour avancer. Et quand on doit, malgré tout, se détourner de ce nouvel horizon, il nous tarde d'y revenir.