« La petite fille de Monsieur Linh » de Philippe Claudel

Publié le 14 Novembre 2013

« La petite fille de Monsieur Linh » de Philippe Claudel

Quel beau livre !

Ce roman parle de déracinement, de guerre, de deuil, il pourrait être sombre. Mais, ce livre parle aussi d'amitié et de reconstruction. Il est inspirant.

Mais, ce n'est pourtant pas, je crois, ce qui compte le plus dans ce roman de Philippe Claudel (le premier que je lis de cet auteur). Ce qui est essentiel ici, ce sont les détails.

Certes, l'écriture est totalement maitrisée et d'une grande pureté. Rien n'est en trop, rien ne manque, tout est à sa place. Mais, ce n'est pas de ces détails-là dont je veux parler.

Non, la beauté de ce livre réside dans l'attention portée aux détails. Celle qu'il faut absolument porter aux détails dans la vie de tous les jours. Parce que ce sont tous ces détails qui feront que le tout fonctionnera ou pas, que la vie sera belle... ou pas.

« La petite fille de Monsieur Linh » de Philippe Claudel

Il y a ce passage où Monsieur Linh quitte le dortoir de réfugiés pour l'hospice. Les « travailleuses sociales » lui parlent avec sincérité d'une amélioration. Pour lui, c'est un déchirement, car il ne pourra plus aller chaque jour voir son ami, le gros bonhomme qui fume. Mais, il se résigne sans résistance. Cependant, en arrivant à l'hospice, sa seule demande est de continuer à recevoir un paquet de cigarettes par jour, ce paquet qu'il offre à son ami. Car, même loin de lui dans une ville qu'il ne connait pas, il garde toujours l'espoir de le revoir un jour, d'être capable de le retrouver. L'établissement est non-fumeur, ceci lui est refusé. C'est là un drame beaucoup plus douloureux pour lui que d'être mal habillé ou considéré comme fou. C'est un détail pensent les deux femmes.

Pour lui, c'est TOUT, car son ami est TOUT pour lui.

Soyons attentifs aux détails, toujours, tous les jours, à tous les détails, ils peuvent TOUT changer.