«No et moi» de Delphine de Vigan

Publié le 18 Mai 2013

Ma vie de lectrice, en ce moment, me fait de véritables clins d'oeil. Après les similitudes troublantes des romans de Stéfani Meunier et Jean-Paul Dubois, c'est maintenant à Delphine de Vigan de flirter avec les mêmes émotions que Susin Nielsen («Les maux d'Ambroise Bukowski»).

«No et moi» de Delphine de Vigan

Dans «No et moi», qui a eu sur moi l'effet d'un excellent thé glacé en pleine canicule, l'auteure (comme le fait Susin Nielsen dans son propre roman) met en scène un personnage «décalé»:

- en marge de sa classe à l'école,

- qui se tourne vers des amitiés avec des personnes plus âgées en marge également mais de la société cette fois-ci,

- dont la mère est en processus (long et tenace) de deuil,

- qui décide finalement de fuguer brièvement,

- qui voit le monde avec un regard que l'on voudrait ne jamais avoir perdu.

C'est ce dernier point qui fait de ce livre un «excellent thé glacé en pleine canicule».

Effectivement, ces deux livres, bien qu'ils traitent de sujets graves, sont remplis de cette fraicheur de la jeunesse, de ces utopies que la vie nous oblige insidieusement à mettre de côté, de cette foi inébranlable en la bonté humaine. Ces livres rafraichissent la mémoire et nous disent de ne pas renoncer aux idéaux que nous avions, nous aident à les replacer au premier plan, nous poussent à sortir de notre torpeur d'adulte si moite et paresseuse.

«No et moi» de Delphine de Vigan

Le temps d'une lecture seulement ou plus durablement?

Je suis convaincue que si l'on boit suffisamment de thé glacé, l'on finit par être totalement désaltérée, mais il est vrai que la touffeur quotidienne n'est jamais loin. Aussi, ayons toujours un thé glacé et un bon livre à la main afin de ne jamais oublier à quel point la vie est plus forte que tous les drames de nos sociétés.

«No et moi» de Zabou Breitman

«No et moi» de Zabou Breitman