«Les yeux bleus de Mistassini» de Jacques Poulin

Publié le 23 Avril 2013

«Les yeux bleus de Mistassini» de Jacques Poulin

Le Québec : un pays, des livres, toujours plus de livres ! Découvrez les dernières recrues ici.

********************************************************************************************************************

Quel bonheur de retrouver Jacques Poulin dans le Vieux Québec entre livres, chats et fleuve. Entre lecture et écriture. Entre vie et mort.

J'ai rencontré Jacques Poulin pour la première fois il y a quelques années lors de la lecture de «Jimmy», puis je l'avais retrouvé quelques temps après avec «La tournée d'automne». Il était tout de suite devenu MON auteur. Celui dont je partageais l'univers. Celui qui me comprenait tout autant que je le comprenais.

Dernièrement, je pensais de nouveau m'offrir sa présence en parcourant les pages du «Vieux Chagrin» et je l'avais manqué. Son ton, son propos, rien ne me rappelait le Jacques Poulin pour qui j'avais initialement eu un coup de foudre.

Puis, sont arrivés les «Yeux bleus de Mistassini» et j'ai retrouvé Jacques Poulin. MON Jacques Poulin.

Je viens de refermer son livre et...

... J'ai envie de marcher le long du fleuve...

... J'ai envie de donner tous mes livres aux gens qui passent devant ma maison...

... Je caresse mes chats et leur parle...

... J'ai envie de reprendre ma lecture à la première page pour retrouver Jack, Jimmy, Mistassini et Charabia.

«Les yeux bleus de Mistassini» de Jacques Poulin

Mais, il y a plus encore.

Il y a le voyage de Jimmy à Paris, dans MON quartier, le boulevard Picpus (où travaillait ma mère), la rue du Rendez-vous (où se trouvait mon médecin de famille), le lac de Saint-Mandé (autour duquel j'ai connu toutes mes premières émotions).

Il y a la lecture et l'écriture et le besoin de les rendre universelles Il y a les librairies qui devraient être aussi douillettes que nos maisons. Il y a nos livres qui ne devraient pas être simplement les mêmes que la plupart, mais ceux qui nous feraient personnellement grandir.

... Comment faire en sorte qu'un client venu pour acheter le dernier best-seller de Stephen King reparte avec le premier roman d'un auteur québécois inconnu mais possédant déjà un style.

«Les yeux bleus de Mistassini» - Jacques Poulin - Léméac - Page 121

Il y a enfin le suicide qui peut être une option, le suicide qui n'est ni lâche, ni héroïque, le suicide qui est juste une «petite poussée».

Tout ceci, c'est Jacques Poulin, tout ceci c'est moi.

Comment est-il possible d'être si proches?

Il y a des questions qui n'ont pas besoin de réponse, il y a des réponses qui ne se trouvent que dans le murmure des livres.

Cette chronique a été écrite dans le cadre du challenge Petit Bac 2013.