«L'enfant cigarier» de Marie-Paule Villeneuve

Publié le 7 Mai 2013

«L'enfant cigarier» de Marie-Paule Villeneuve

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Marie-Paule Villeneuve aime l'Histoire. On le sent indéniablement à la lecture de son roman.

À la fin du 19e siècle, nous suivons Jos, enfant cigarier, de Sherbrooke à Montréal, puis Chicago et Tampa.

Jos découvre le monde et nous revivons avec lui les grands événements de cette fin de siècle. L'électricité, les trains de luxe, le mouvement ouvrier, l'exposition universelle de Chicago.

Exposition universelle de Chicago

Exposition universelle de Chicago

J'ai eu énormément de plaisir à suivre cette leçon d'histoire tellement plus plaisante et divertissante qu'un austère livre d'Histoire et tout aussi instructive.

 

Mais, ce qui m'a le plus frappée lors de ma lecture, ce sont les similitudes de l'histoire de Jos avec celle des ouvriers d'aujourd'hui. Un siècle s'est écoulé. Rien n'a changé. Absolument rien.

 

Pourtant, loin de laisser pessimiste, ce livre pousse plutôt à poursuivre la lutte... les luttes car elles sont nombreuses.

 

Personnellement, parce que la lecture a eu le pouvoir de changer ma vie, c'est à l'alphabétisation que j'apporte ma contribution. Jos aussi a compris à quel point les mots peuvent être vitaux.

Jos envia Rudolphe. Il aurait voulu, comme lui, confier au papier silencieux toutes les angoisses, les peurs et les désirs qui le rendaient malheureux. Peut-être arriverait-il, en écrivant, à calmer cette voix intérieure qui réclamait toujours davantage et qui déclenchait en lui la culpabilité de celui qui en veut plus que les autres. Jos pourrait prendre un petit outil à une cent, un simple crayon à mine de plomb, et son esprit se libèrerait de la torture. S'asseoir comme Catherine le soir et couvrir des pages de mots. Pouvoir écrire à Madeleine, lire les journaux.

Pages 51-52 - VLB éditeur

Et Marie-Paule Villeneuve vient déposer sur ce fléau, comme sur tous ceux qu'elle évoque dans son livre, cette simplicité et cette tendresse si attachantes qui définissent son écriture.

Ne pleure pas, je vais t'écrire.
- Tu ne sais pas écrire.
- C'est pas grave, tu ne sais pas lire.

Page 29 - VLB éditeur