«Amandes et melon» de Madeleine Monette

Publié le 13 Août 2013

«Amandes et melon» de Madeleine Monette

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Peut-être vous êtes-vous demandé pourquoi je participai à des challenges, des défis de lecture...

Pour gagner quelque chose ? Non, il n'y a rien à gagner.

Pour prouver quelque chose ? Mais quoi et à qui ? Non, ce n'est pas pour cela non plus.

La raison pour laquelle je participe à ces défis est toute simple : je veux faire des découvertes. Je n'ai pas envie de choisir un livre parce-que «tout le monde en parle» ou parce-qu'il a gagné des prix littéraires (j'exècre ceux-ci d'ailleurs, mais c'est une autre histoire).

Aussi, c'est pour correspondre à la catégorie «Aliment/Boisson» du Challenge Petit Bac 2013 d'Enna que j'ai retenu ce livre de Madeleine Monette, simplement pour son titre. Je n'ai pas lu le résumé et je me suis plongée dans la lecture sans aucune autre préparation.

Et le miracle a eu lieu, j'ai découvert cette fois-ci une petite merveille de roman que j'ai adoré. Merci la chance, merci le hasard, merci le bon génie des bibliothèques !

  

http://www.madeleinemonette.com/pics/books/amandes-et-melons.jpg

Le prétexte de ce livre est simple : Marie-Paule disparait et sa famille doit faire face à cet événement.

On ne sait pas dans quelle ville ni quel pays se trouvent les personnages, mais l'on sait que Marie-Paule était en Turquie au moment de sa disparition. Mais là n'est pas l'essentiel, les faits importent assez peu. Seuls les êtres et leurs émotions comptent ici.

Ce qui compte ici, c'est la famille et comment chacun de ses membres s'y intègre.

Il y a Marion, la mère, actrice, un peu bohème, libre, semblant toujours planer un peu.

Il y a Charles le père, concessionnaire de voitures, divorcé de Marion, remarié avec Jeanne.

Il y a les parents de chacun d'eux.

Il y a Elvire, peintre, la soeur de Charles qui vit dans un garage-atelier près de la maison de Charles et Jeanne.

Il y a Jeanne, la femme «parfaite» si tant est qu'on puisse l'être...

Il y a Céline, l'ainée de 16 ans, la demi-soeur de Marie-Paule.

Il y a Vincent, anorexique et poète.

Il y a Alex, le petit dernier qu'on voit à peine.

Et il y a Jérôme, l'un des amants de Marie-Paule.

Tous, à leur manière, vont gérer la situation qui leur est imposée.

«Amandes et melon» de Madeleine Monette

Car elle ne crayonnait pas des ébauches pour ne faire ensuite que remplir un dessin, mais donnait une forme au tableau en y mettant de la couleur, jusqu'à ce que surgissent les perspectives, les tonalités et l'éclairage, pourchassait une intuition et explorait l'instant absurde au lieu d'étaler le récit cohérent, bref produisait un condensé de sensation. La présence du garçon ne la troublait plus, puisqu'elle en faisait une circonstance du tableau, l'y transportait même, l'oeuvre intégrant de cette manière son premier témoin.

Page 468

Et, à travers chacune de leurs émotions, le lecteur va tantôt se reconnaître, tantôt reconnaitre un membre de sa famille. Car, si chacun donne sa propre interprétation dans la grande mise en scène de la vie, le texte de l'oeuvre est finalement le même. Oui, c'est ainsi. Se penser unique est une illusion, notre interprétation l'est, mais pas notre personnage, pas notre personne.

Ce constat pourrait être déroutant et peut-être même affligeant, mais non, Madeleine Monette donne de toutes ces imperfections petites ou grandes une description si fine, si lucide, si juste que l'on ressort simplement de cette lecture en se connaissant mieux. Chacun de nous, chacun des lecteurs. C'est là que réside la magie de ce livre que je vous invite à lire pour mieux vous découvrir.