Portraits : Françoise Malaval et Patrice Favaro (6 lectures)

Publié le 25 Avril 2015

Alors que j'achève ma sixième lecture d'un roman de Patrice Favaro (et que je suis une fois de plus sous le charme de son écriture et des messages essentiels qu'elle sert de manière simple, efficace et touchante) dont deux d'entre eux ont été réalisés en collaboration avec sa compagne l'imagière Françoise Malaval, j'ai décidé de consacrer un billet « Portraits » à ce couple d'artistes engagés aux regards tendres et lucides sur un monde qu'ils continuent chaque jour de rendre meilleur par leurs travaux, leurs interventions auprès des jeunes, leurs cheminements.

Portraits : Françoise Malaval et Patrice Favaro (6 lectures)

Le livre que je viens de terminer s'appelle « Une frontière » et touche à l'universel en ce sens qu'il pourrait se dérouler en de multiples points du globe. Universelle aussi malheureusement l'aberration de la guerre et l'existence des « fous de guerre » dont l'histoire de Nôr et Sâd évoque ici les dérives.

Ce livre d'environ 150 pages n'est pas un récit d'atrocités « de plus ». Mes deux derniers mots vous choquent sans doute, mais oui, je crois que notre société fait une overdose d'atrocités. Trop, c'est trop, alors... on détourne les yeux. Impuissants devant tant d'horreur et de bêtise, nous ne savons plus que faire et, parce qu'il faut continuer à vivre, nous passons à autre chose... de plus en plus vite.

Pourtant, la guerre continue de faire rage, souvent, en de multiples endroits, car certains en ont besoin, la guerre est bonne pour les affaires.

... il connaît par coeur ce genre de discours que la radio rabâche à longueur de journée. Ce qu'on prend soin de taire à ceux qui l'écoutent, c'est que la guerre entre le Souryastan et le Chandrastan n'a été qu'un jeu de dupes, une partie d'échecs truquée pour attirer l'attention des grandes nations en leur faisant redouter que le conflit entre les deux pays se propage partout ailleurs. Les deux gouvernements vont se partager la mise : les millions de dollars, d'euros et de yens promis par ces mêmes grandes puissances pour ramener la paix dans la région. Quant aux malchanceux qui sont tombés de part et d'autre de la frontière lors des accrochages, les tués, les blessés, les estropiés : ils n'étaient que des pions. Ceux qu'il fallait sacrifier sur l'échiquier, précisément, pour que tout cela paraisse crédible et que la manoeuvre réussisse.

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Non, vraiment, ce livre ne vient pas s'ajouter aux très nombreux récits d'atrocités. Cette lecture permet plutôt d'oser de nouveau regarder la guerre, d'ouvrir les yeux sur les véritables causes de celle-ci : la soif de pouvoir et d'argent de certains. Qu'on ne vienne pas essayer de nous faire croire autre chose.

Portraits : Françoise Malaval et Patrice Favaro (6 lectures)

Les autres titres que j'ai lu de ces artistes sont :

Du sable entre tes doigts

La fille du loup

La vérité crue

Princesse Laque

Ammi

Et ceux que je souhaite lire sont :

*On ne meurt pas, on est tué

*Voyage au-delà du par-delà

*Ombres et Petite-Lumière

*La faim de l'ogre

*Les oreilles de Sigismond

*Mahout

... et tous ceux qu'ils écriront et dessineront encore afin de transmettre aux générations futures la valeur qui est au coeur de leurs démarches et de leurs vies : le respect des droits humains fondamentaux.