« Tiroir n°24 » de Michael Delisle

Publié le 10 Février 2015

On ne me fouettera jamais pour avoir écrit ce texte. Raif Badawi, lui, a été condamné à 1000 coups de fouet et 10 ans de prison pour avoir blogué.

 

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Dans ce livre, l'écriture précise et intense de Michael Delisle nous permet de faire la rencontre de Benoit Murray. Ce dernier est le personnage central du livre, le narrateur aussi, il est orphelin, roux, homosexuel et foncièrement bon. Je ne vois pas d'autre mot pour exprimer ce que ce personnage transmet : de la bonté. Certains le diront peut-être naïf, je le trouve exceptionnel. La leçon de vie qu'il nous donne est magistrale. 

 

Il n'est épargné par rien ni personne. À son compagnon Napoléon, témoin impuissant des rejets multiples dont il est victime et qui tente maladroitement de lui remonter le moral, il répond simplement :  « C'est pas grave, Nap, tout s'arrange. » et il y croit tant qu'il nous pousse à en faire autant, nous invite à résister à la tourmente de la vie en ne conservant de celle-ci que ce qui mérite de l'être, même s'il ne s'agit parfois pour certains que du numéro d'un tiroir sur le meuble d'un orphelinat.

Devant mes caleçons qui trempent dans l'évier, un souvenir me revient. Dans les effluves d'eau de Javel, je revois le meuble blanc dans la salle de jeu de l'orphelinat catholique. Les petits tiroirs carrés, tout propres. Avec les chiffres sang de boeuf. Mon tiroir à moi. Le numéro 24...

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