« En finir avec Eddy Bellegueule » d'Edouard Louis

Publié le 4 Août 2014

Avoir ou ne pas avoir le choix ?

 

Cette interrogation synthétise mes réflexions à la suite de ma lecture de ce livre qui aborde différents sujets :

 

L'homosexualité

La pauvreté

La famille

Le témoignage

L'homosexualité

Avoir ou ne pas avoir le choix ?

J'avais toujours pensé, naïvement, qu'un choix s'opérait à un moment donné concernant notre sexualité.

J'ai découvert avec ce livre à quel point l'homosexualité, loin d'être un choix, s'impose à certains.

Est-ce le cas de tous les homosexuels ?

La pauvreté

Avoir ou ne pas avoir le choix ?

Les passages décrivant la pauvreté sont, je trouve, très justes dans ce livre.

L'auteur évoque, par exemple, le fait de « porter sa pauvreté » (vêtements, comportements, etc).

Dans le cas d'Eddy, l'on comprend bien qu'il s'agit aussi de tenter d'appartenir à un groupe, un village, une famille. Il cherche (en vain) à « être un dur ». Déjà mis de côté en raison de son homosexualité, il essaie de gommer toute autre différence.

Fait-il véritablement le choix de se fondre le plus possible dans la masse ? Ou bien est-ce une sorte de stratégie de défense ?

La famille

Avoir ou ne pas avoir le choix ?

On ne choisit pas sa famille, voici une certitude. Mais, l'on peut décider de lui tourner le dos ou pas. Eddy fait ce choix dès qu'il le peut. En fait, à la première occasion.

 

Il fait ensuite, par le biais de son livre, le choix de la dénoncer. Pourquoi ? Je m'interroge.

Veut-il lui faire du mal comme elle lui en a fait ?

Pense-t-il par son livre attirer l'attention afin que les choses changent ?

Se donne-t-il le droit de le faire puisque lui en a besoin et peu importe le mal que cela causera ?

L'on peut tout à fait comprendre chacune des motivations énoncées ci-dessus.

Elles reflètent toutefois une certaine jeunesse, cette période de la vie où notre propre construction semble devoir souvent se faire via des choix radicaux, des condamnations, des coups d'éclat.  

Avoir besoin d'écrire ce livre est une chose, faire le choix de le publier en est une autre.

Le témoignage

Avoir ou ne pas avoir le choix ?

C'est sur ce point que je suis le plus perplexe. Edouard Louis a fait le choix d'écrire un roman. Par définition, son contenu est donc supposé être fictif. Or, puisqu'il nous parle de son enfance et de sa jeunesse, il semble plutôt qu'il s'agisse bel et bien d'un récit. Il me semble déceler ici un peu d'incohérence. Ou bien ce qui est dit ici est « romancé » et certains éléments sont donc faux, ou bien c'est un récit au sens de témoignage, mais alors pourquoi ne pas le nommer comme tel ? 

J'aimerais pouvoir entendre l'auteur s'exprimer sur ce choix (et peut-être aussi son édtieur).

« En finir avec Eddy Bellegueule » d'Edouard Louis