« L'ombre du vent » de Carlos Ruiz Zafon

Publié le 16 Juillet 2014

J'ai cru jusqu'à la page 500 (sur un livre qui en comporte 637 dans l'édition Livre de Poche) que j'allais écrire un billet annonçant un chef-d'oeuvre. C'est donc passé assez près de la grande consécration, mais finalement non, car il y a tout de même quelques maladresses et invraisemblances dans ce livre. La « révélation » de la page 500 en fait partie, ainsi que la répétition outrancière du mot « cendres » : ciel de cendre, couleur de cendre, etc. et quelques autres toutes petites choses que je ne prends pas la peine de mentionner ici afin d'arriver plus vite à tout ce que ce livre apporte à sa lectrice ou son lecteur.

 

 

Ce livre nous apprend ou nous rappelle ce qu'est véritablement la lecture, cet acte intime qui nous transforme un peu plus à chaque nouveau (bon, terme relatif s'il en est) livre. L'on y parle de la manière dont certains romans viennent prendre leur place dans nos vies. Certes, chacune de nos lectures ne nous conduit pas dans une aventure telle que celle de « L'ombre du vent » (heureusement !), mais toutes s'inscrivent, lorsque l'alchimie a lieu entre auteur et lecteur, dans un cheminement, à un moment précis qui demeure longtemps (et parfois éternellement) dans notre souvenir.

 

Je suis convaincue qu'un livre peut changer une vie et, j'ajoute même (bien que vous serez nombreux à ne pas m'approuver) qu'il peut sauver des vies... ou en prendre.

 

 

« L'ombre du vent » est un livre que l'on dévore, retrouvant ainsi cette bulle dans laquelle nous place parfois la littérature, nous coupant du monde, nous offrant un répit. Douce sensation d'évasion.

 

Et puis, il y a Barcelone (personnage à part entière de ce récit) que l'on imagine, que l'on se prend à aimer (sans même la connaître en ce qui me concerne).

 

Enfin, il y a cette philosophie de la vie, simple et lucide, que Fermin surtout, mais bien d'autres personnages aussi dans ce très beau livre, nous offre. Ces réflexions et ces pensées sont comme de petites flammes vacillantes que l'on doit suivre dans un lieu rempli d'ombres... ou comme des bonbons qui guérissent de tout !

 

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Quelques jours après la fin de ma lecture, « L'ombre du vent » continue de m'habiter.

 

J'y repense et je prends du recul pour constater que le point de départ des histoires de Julian et de Daniel est le refus d'accepter par les pères et les frères que leurs filles et soeurs connaissent un amour passionné et consomment cet amour.

Leur révolte vient-elle de l'âge des jeunes filles qui ont alors 17 ans environ ?

Leur violence est-elle due au fait que ces actes sexuels ont lieu en dehors du mariage ?

Leur désapprobation vient-elle du fait que les jeunes hommes sont issus de milieux modestes ?

 

Selon Fermin qui, comme à son habitude, s'exprime sans détours : « Armée, Mariage, Église et Banque : les quatre cavaliers de l'Apocalypse. Oui, oui, vous pouvez rire. » (pages 130 & 131)

 

C'est là, je crois, un autre message essentiel de ce livre.

« L'ombre du vent » de Carlos Ruiz Zafon