« L'étrangère » de Stéfani Meunier

Publié le 12 Avril 2014

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J'ai été ravie de retrouver Stéfani Meunier avec ce roman qui est en fait son premier, mais que je lis en second après « Et je te demanderai la mer ».

 

Tous les ingrédients qui m'avait tant fait aimer le premier volume étaient de noueau réunis et j'ai ressenti la même émotion devant ce récit intensément humain.

 

Tout était pareil, mais encore un petit peu mieux, car ce livre-ci semblait avoir été écrit juste pour moi.

 

Je me suis pleinement retrouvée dans cette jeune femme qui se sent étrangère un peu partout, qui recherche une sorte d'amour-amitié tout en sachant qu'il est presque impossible de le trouver, qui fuit quand elle est prête de toucher au but, de réaliser un rêve.

 

Mais, les clins d'oeil ne se sont pas arrêtés à ces ressemblances avec celle que j'ai été par le passé.

 

Lorsque je dis que ce livre est un peu comme le récit de ma propre vie, c'est aussi ce que je suis maintenant qui y est décrit. Voici qui est un peu troublant et aurait pu être déstabilisant. Ce ne fut pourtant pas le cas, tant l'écriture de Stéfani Meunier est douce, fluide et légère. 

 

J'ai ainsi trouvé dans ce livre ce qui pourrait être mon auto-portrait :

 

 

Je suis devenue une fille de bois, de forêt, une fille qui se sent mieux devant les ratons laveurs et les renards que devant ceux de son espèce, je suis devenue quelqu'un qui marche plus aisément sur la terre, les pierres et les branches que sur l'asphalte. Je me suis créée des racines près d'un lac, comme un grand peuplier faux-tremble, et on ne pourrait pas me transplanter, me faire survivre ailleurs.

Page 80

Ainsi que la description de ce que je vois ces jours-ci depuis ma fenêtre !

Il faisait soleil, le vent était frais mais, quand il ne ventait pas, il faisait chaud comme en été. La neige fondait, la galerie était imbibée d'eau, il n'y avait que deux plaques de neige sur la galerie, une là où le soleil ne venait presque jamais, une là où la couche de neige était beaucoup plus épaisse parce que le vent de l'hiver la poussait toujours au même endroit.

Page 129

Ce sentiment de « double » m'avait déjà envahie à la lecture de certains livres de Jacques Poulin.

Je l'ai ressenti également ici avec un immense bonheur.

Stéfani Meunier vient de rejoindre la liste des mes auteur(e)s fétiches.

« L'étrangère » de Stéfani Meunier