Portrait : Alberto Moravia

Publié le 17 Mars 2014

Je viens de combler une autre de mes lacunes littéraires en « découvrant » Alberto Moravia.

Tout a commencé sur le site d'Argali lorsque celle-ci a présenté le Théâtre de Liège.

L'on pouvait voir quelques mots d'une phrase sur la frise. Curieuse (que voulez-vous, on ne se refait pas ! ) j'ai demandé à Argali quelques informations complémentaires.

Il s'agit en fait d'une phrase imaginée par l'architecte du lieu. Ladite phrase est la suivante :

" Le 5 octobre 1963, alors qu'il ne l'avait plus revue depuis des années, Alberto M vint au rendez-vous que Elsa M lui avait donné dans cette salle, un soir de gala. Après un regard furtif autour de lui, il la découvrit dans un coin, en train de parler à un inconnu dont le chapeau et le manteau étaient pratiquement identiques à ceux qu'il avait l'habitude de porter auparavant. Il se dit que Elsa avait dû prendre cet homme pour lui-même et profondément déçu par cette méprise, décida de rentrer chez lui, sans même lui signaler sa présence. Seul dans la rue, Alberto M pensa avec angoisse qu'il n'avait pas vraiment dévisagé la jeune femme parlant à l'inconnu. S'il l'avait prise pour Elsa, c'était uniquement à cause de la petite robe imprimée qu'elle portait souvent lorsqu'ils vivaient ensemble."

Argali

L'on pense bien sûr à Elsa Morante et Alberto Moravia. Je n'étais pas certaine de la date, mais après vérification, ça concorde. Je suis donc partie à la recherche de l'évocation de ce rendez-vous manqué à Liège.

Autant mettre fin au suspense tout de suite : je n'ai malheureusement rien trouvé.

 

Mais, cette recherche a fait en sorte que j'ai lu mon premier livre d'Alberto Moravia :

« Brève autobiographie littéraire et autres nouvelles ».

 

Si, comme moi, vous n'avez jamais lu Alberto Moravia, commencez par ce livre, c'est idéal pour rencontrer le grand écrivain.

 

 

La première partie est une entrevue dans laquelle Alberto Moravia dresse une brêve bio-bibliographie de son oeuvre. Connaître la vie de l'auteur et les circonstances d'écriture avant d'avoir lu un seul mot des romans est une expérience très enrichissante que j'essaierai de renouveler à l'avenir. Cette mise en contexte permet de débuter la lecture suivante en terrain connu et crée un lien plus « intime » avec l'auteur.

 

 

Vient ensuite la nouvelle intitulée La villa du vendredi.

Je souhaitais depuis quelques temps, sur le conseil avisé de Topi, essayer de lire ce « format ». Cette expérience fut là aussi très agréable. Après avoir « préparé » la lecture avec la brêve autobiographie littéraire, la nouvelle se savoure telle une discussion avec un ami. L'idée n'est pas ici de « creuser » un sujet, mais de présenter une idée. Je me suis régalée.

Pourtant, les thèmes en eux-même (adultère, sado-masochisme et jalousie) ne sont pas mes préférés. Mais la magie Moravia avait commençé à opérer. Lorsque chaque mot trouve sa place et que chaque objet, chaque sensation, chaque mouvement, chaque paysage, chaque dialogue trouve ses mots, c'est beau. Très beau. Admirablement beau.

 

 

Il était temps de lire la dernière partie du livre, une autre nouvelle dont le titre est Le plateau devant la porte. Là encore, les même thèmes reviennent et me rejoignent peu, mais l'écriture est intense.

 

La rencontre a eu lieu. Les mots de Moravia font partie de ceux au travers desquels l'on voudrait tout lire.